Les différentes SCI
SCI veut dire société civile immobilière. Trois modèles peuvent
intéresser les particuliers :
La SCI de location
C'est le modèle le plus courant. Plusieurs personnes s'associent pour
acquérir et gérer un ou plusieurs biens immobiliers. Les associés ne sont
pas propriétaires de biens mais de parts.
A l'achat du bien, la SCI paie les mêmes droits qu'un particulier, et
peut bénéficier des mêmes avantages (amortissements Robien, Borloo,
etc.).
Les loyers perçus constituent des revenus. Chaque associé percevra des
dividendes au prorata de sa quote-part dans la SCI, et il devra payer un
impôt (voir chapitre Les avantages juridiques et fiscaux d'une SCI).
La SCI d'attribution
Peu utilisée aujourd'hui. Elle permet de construire ou d'acquérir un
immeuble pour le diviser par fractions destinées aux associés. Elle se
transforme habituellement en copropriété. On la rencontre parfois lors de
l'achat d'un appartement : au lieu d'acheter des lots de copropriété, vous
achetez des parts de SCI vous donnant droit à la jouissance de
l'appartement. Vous payez les mêmes droits que lors d'une acquisition
classique, etvous pouvez habiter ou louer votre logement. Mais renseignez
vous auprès de votre notaire sur l'état financier de la SCI.
La SCI de jouissance à temps partagé (société de multipropriété)
Elle vend aux associés des parts donnant droit à la jouissance d'un
appartement ou d'une maison à la mer, à la montagne, pendant une période
donnée.
La création d'une SCI et son fonctionnement
Une SCI est une société. A ce titre, il faut remplir certaines conditions
pour sa création.
Les associés de la SCI
Pour créer une SCI, il faut être au moins deux, personnes physiques (des
particuliers) ou morales (des sociétés). Les associés reçoivent des parts
sociales en fonction de leurs apports en nature ou en argent. Ils désignent
et révoquent le gérant, et participent aux assemblées. Et ils participent
aux bénéficent de la société en recevant des dividendes au prorata de leurs
parts sociales.
Attention : Les associés sont indéfiniment
responsables envers les créanciers des éventuelles dettes de la SCI et
devront les rembourser sur leur patrimoine personnel si nécesaire.
Le gérant
La loi impose que la société soit gérée par une ou plusieurs personnes,
majeures ou mineures émancipés, capables, associées ou non, nommées pour la
première fois par les statuts ou/puis élues à la majorité des voix des
associés lors de l'assemblée générale.
Le gérant assure la gestion de la SCI (encaissement des loyers, paiement
des charges, déclarations fiscales, assurance des biens, engagement du
personnel, entretien des biens, etc.). Pour des actes plus conséquents comme
l'acquisition ou la vente de biens, tout dépend de ce qui est prévu aux
statuts.
Le gérant doit réunir les associés en assemblée générale au
moins une fois par an, et fournir périodiquement aux associés un rapport
comptable des activités de la société.
Le gérant peut-être traduit en justice par les associés ou des tiers de
la SCI si, par exemple, il commet une négligence de gestion (responsabilité
civile) ou une escroquerie (responsabilité pénale).
Le gérant cesse ses fonctions par expiration de son mandat, démission ou
décès. Il peut aussi être révoqué en assemblée générale à la majorité prévue
dans les status. Mais si sa révocation n'est pas fondée, elle peut donner
lieu à des dommages et intérêts. A contrario, un tribunal peut prononcer sa
révocation.
Les statuts
Comme ils ne sont pas simples à rédiger, le mieux est d'avoir recours à
un notaire. Celui-ci est de toute façon obligatoire lorsqu'un ou plusieurs
associés apportent un bien immobilier ou lorsque la société achète un
immeuble.
Ils doivent mentionnés :
- l'état civil des associés ;
- la durée de la SCI (99 ans maximum) ;
- le nom de la SCI ;
- l'adresse du siège social (par exemple, le domicile du gérant) ;
- l'objet social de la société
Voici ce que l'on indique généralement :
La propriété de tous droits et biens immobiliers acquis ou reçus en
apport par la société, la gestion et l'exploitation de ces droits ou biens,
sous forme de location ou autre, leur mise à disposition gratuite ou non au
profit d'un associé ou de sa famille, et plus généralement toutes opérations
mobilières, immobilières et financières, à caractère strictement civil, se
rattachant à l'objet social.
Les statuts sont enregistrés à la recette des impôts, dans un délai d'un
mois à compter de la date de l'acte. Ils sont publiés dans un journal
d'annonces légales. Prévoyez une dépense minimale de 1 500 €.
Le capital
Il est constitué par les apports des associés. Il est divisé en parts
sociales, toutes d'égales valeurs, réparties entre les associés au prorata
de leurs apports.
Les apports
Les associés s'engagent à verser les apports en numéraire dès la première
demande du gérant. A défaut de versement, les sommes non payées portent
intérêt au taux légal. De plus, si un associé cause un préjudice à la SCI
parce qu'il n'a pas payé dans les délais, il peut être poursuivi en justice
avec demandes de dommages et intérêts.
Pour les associés qui font des apports en nature, cela équivaut à une vente de leur bien immobilier à la SCI :
- le prix est payé en parts de la SCI ;
- il n'y a pas de droits d'enregistrement ;
- il y a établissement d'un acte notarié publié à la Conservation des hypothèques ;
- il faut faire tous les diagnostics techniques prévus (amiante, plomb, termites...)
- le notaire fait une « déclaration d'intention d'aliener », et si le bien est loué, le locataire verra son bail se poursuivre normalement ;
- le vendeur est imposé sur les plus-values si le prix de vente est plus cher que son prix de revient.
Les avantages juridiques et fiscaux d'une SCI
Avantages successoraux
Les parts de SCI ont une valeur généralement inférieure à la valeur
réelle du bien, car elles sont plus difficiles à vendre que le bien, et
elles sont calculées sur l'actif nette de la SCI (qui peut être endettée).
Cela diminue donc l'imposition en cas de transmission ou de donation.
De plus, la SCI permet un montage particulier, l'achat croisé, qui
protège les personnes non mariées. Le principe : on décompose la propriété
d'un bien en nue-propriété et usufruit et chaque associé échange sa nue-
propriété ou son usufruit contre celle de l'autre. En cas de décès d'un
associé, il ne peut être expulsé par les héritiers.
Avantages pour l'immobilier d'entreprise
Un entrepreneur peut créer une SCI pour acheter un local commercial et le louer à sa société. Ainsi :
- il bénéficie d'une transmission moins coûteuse à ses héritiers (voir ci-dessus) ;
- il met à l'abri ses locaux, en cas de redressement ou liquidation judiciaire de la société commerciale (sauf si la SCI s'est portée garante).
Avantages d'une SCI sur l'indivision
Du fait de la présence d'un gérant qui peut se voir confier des missions
étendues, la SCI est plus efficace que l'indivision lorsqu'il y a une
mésentente entre les associés.
De plus, en SCI, les associés peuvent racheter les parts d'un autre
associé par un acte sous seing privé en ne payant que les seuls droits
d'enregistrement (5 % du prix de vente), alors qu'en indivision, il faut
procéder à une vente classique avec notaire.
Les règles de fiscalité générale
La SCI n'étant pas une société commerciale, elle ne doit pas publier ses
comptes. Mais elle doit pouvoir répondre à tout moment à l'administration
fiscale, et il faut faire la déclaration annuelle de résultats sur l'imprimé
n°2072, à télécharger sur impots.gouv.fr ou à vous procurer à votre centre
d'impôt.
La SCI déclare ses revenus et la répartition de ses bénéfices, ou pertes,
entre associés, mais elle n'acquitte pas d'impôt sur le revenu (on dit que
la SCI est transparente fiscalement). Ce sont les associés qui sont imposés
individuellement au titre des revenus fonciers, sauf lorsqu'un associé est
une personne morale (société), dans ce cas les bénéfices sont des bénéfices
industriels et commerciaux (BIC) imposés au régime réel.
En cas de déficits, l'associé peut les imputer sur son revenu global dans
la limite de 10 700 € par an (pas de limite en loi Malraux), les compenser
avec d'autres bénéfices fonciers.
En cas de vente d'un immeuble détenu depuis moins de quinze ans par la
SCI, l'éventuelle plus-value est taxée comme pour les particuliers, avec des
exonérations similaires.
Si un associé habite gratuitement un logement appartenant à la SCI, sa
valeur locative est déduite de la SCI mais l'associé doit réintégrer dans
ses revenus cet avantage en nature.
Afin d'apprécier les vrais avantages fiscaux d'une SCI pour votre cas
personnel, il faut prendre conseil auprès de votre conseiller bancaire ou
votre notaire.
Cession et dissolution d'une SCI
La cession des parts
Pour donner ou céder ses parts à un associé ou à un tiers, il faut
obtenir l'accord majoritaire ou unanime des autres associés (les règles de
majorité figurent dans les statuts). Ils peuvent ne pas donner leur
agrément, et dans ce cas, ils peuvent racheter les parts dans les six mois,
un acquéreur nouveau les rachète, ou la SCI les annule et refait une
répartition du capital.
La dissolution de la SCI
La SCI est dissoute :
- à l'expiration de sa durée sauf prorogation votée par les associées à la majorité requise dans les statuts,
- si son objet s'est réalisé (exemple : construction d'un immeuble achevée),
- si les associés le décident en respectant les règles de majorité prévues au statut,
- si elle fait faillite,
- si le tribunal prononce sa dissolution.
Dans tous les cas, l'assemblée devra nommer un liquidateur (souvent le
gérant) et accomplir des formalités : publication dans un journal d'annonces
légales, compte définitif déposé au greffe, partage de l'actif social.
Les associés paieront des droits et taxes (droits d'enregistrement,
taxation et plus-value) dus sur le partage.